Pourquoi la restitution des œuvres africaines présentes dans les musées est-elle longue et complexe?


Le 24 décembre dernier, la loi relative à la restitution de biens culturels à la République du Bénin et à la République du Sénégal a été promulguée à l’Assemblée. Cette loi est le fruit de l’engagement d’Emmanuel Macron fait en 2017 à Ouagadougou, qui avait pour but de “refonder les relations culturelles avec l’Afrique”.


Selon une étude menée par Felwine SARR et Bénédicte SAVOY, on dénombre 90 000 œuvres africaines présentes dans les musées français. Toujours selon cette même étude, on sait que ces œuvres ont été obtenues en tant que butins de guerre, de pillages ou encore acquises à des prix dérisoires. De plus, 46 000 d’entre elles ont été obtenues durant la période coloniale française.


Dans le processus de restitution, on dénombre plusieurs acteurs concernés qui ont chacun leur propre intérêt. Les musées français, les musées africains, la diaspora africaine, les citoyens africains, les marchands d’art français veulent bénéficier de tout ce que peuvent apporter les œuvres africaines en termes de culture, de soft power ou encore de réappropriation. L’ensemble de ces parties prenantes doivent donc trouver un terrain d’entente pour satisfaire les besoins de chacun.


Un autre point important du processus de restitution est l’aspect juridique. Etant donné que les biens appartiennent majoritairement aux musées qui sont des personnes publiques, et appartiennent donc au domaine public, elles doivent donc redevenir aliénables. Selon une analyse réalisée par Philippe Hansen, avocat spécialiste du droit du marché de l’art, il faudra apporter des modifications dans le Code du Patrimoine ainsi que dans la Constitution.


Une œuvre d’art doit permettre à une nation de s’enrichir culturellement et d’en savoir davantage sur son passé. Les œuvres d’art africaines permettraient donc aux peuples africains d’accéder à des biens culturels qui font partie de leur patrimoine. Une solution possible serait de mettre en place une libre circulation des biens entre les pays africains et la France, qui permettrait à l’ensemble des pays de bénéficier des œuvres.



Auteur: Nambi Nho

Rédacteur en chef: Margot Cocquet



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