Pourquoi la situation au Soudan du Sud est-elle toujours préoccupante 10 ans après son indépendance?


Le Soudan du Sud est le pays le plus récent du monde, ayant obtenu son indépendance vis-à-vis du Soudan en 2011, qui fut acquise par un référendum (largement remporté par le « oui » à 98%). Ce vote a fait suite à la seconde guerre soudanaise, un conflit opposant le pouvoir central à majorité musulmane aux groupes séparatistes à majorité chrétienne et animiste. Ce conflit dura de 1983 à 2005 et fit près de deux millions de morts.


Ce nouveau pays plein d’espoir pour une stabilité économique et sociale, n’est resté que peu de temps en situation de paix. En 2013, deux ans après la création du pays, une guerre civile surgit. Cette guerre opposait les deux ethnies majoritaires du pays : les Dinkas (représentés par le président Salva Kiir) et les Nuers (représentés par le vice-président Riek Machar). Autrement dit, l'affrontement s’étendait même au sein du gouvernement par le biais d’une bataille de pouvoirs. La guerre prend fin officiellement en février 2020 par un cessez-le-feu. Toutefois, comme le souligne l’ONG Médecins Sans Frontières, cette guerre a dévasté le pays à plusieurs niveaux, et la violence y est toujours présente malgré la fin du conflit.


Si cette guerre a causé près de 400 000 décès, MSF insiste également sur le faible accès aux soins dans le pays. En raison du conflit et des attaques répétées contre les infrastructures de santé, seules 40% d’entre elles sont toujours fonctionnelles dans le pays. Cela est problématique notamment dans les camps de réfugiés où des maladies telles que la rougeole ou le choléra se propagent sans réelle solution.


De plus, les Nations Unies accablent la gestion politique du pays. Les revenus de l’État sont volontiers détournés par les responsables politiques et ne font l’objet d’aucune transparence sur son utilisation. Le Soudan du Sud est en effet le pays où la transparence gouvernementale est la plus faible au monde.


Auteur: Quentin dos Santos

Rédacteur en chef: Marie Caroline Reynier