Pourquoi la situation des travailleurs migrants au Qatar est-elle toujours préoccupante?


Dans un article publié le 23 mars 2020 Amnesty International alerte sur les terribles conditions de travail auxquelles sont confrontés les ouvriers migrants au Qatar. Ce phénomène, mis en exergue par la tenue prochaine du Mondial de Football dans le pays en 2022, n’est pas un phénomène nouveau. L’ONG évoquait déjà cette problématique en 2016, mais peu de choses ont changé.


Dans les faits, des réformes ont été faites par le gouvernement qatari pour améliorer les conditions de vie des ouvriers migrants (telles que la mise en place d’un salaire minimum d’un montant d’1$ de l’heure). En pratique toutefois, ces réformes ne sont pas appliquées correctement et des milliers de travailleurs migrants sont toujours exploités. Comme l’explique Amnesty, les travailleurs saisissant la justice pour un salaire non-versé font face à de lourdes procédures, qui n'arrivent que rarement à leur terme. Par exemple, en 2020, certains ouvriers travaillant sur le stade d’Ay Bayt n’avaient pas reçu de salaire durant sept mois.


C’est toutefois un article du Guardian, publié en février 2020, qui éveillera l’opinion sur le problème. L’article fait un grave constat, plus de 6 500 ouvriers sont morts depuis 2011 et le début du chantier de la coupe du Monde. Les travailleurs viennent surtout d’Inde, du Bangladesh, du Népal et du Sri Lanka, ces quatre nations cumulant près de 6 000 pertes humaines. L’ambassade du Pakistan au Qatar mentionnera plus tard 800 décès, alourdissant le bilan. Comme le précise le journal, le nombre est même probablement plus élevé, le suivi des travailleurs n’étant pas toujours facilité par les employeurs.


Face à ce bilan, des sélections nationales de football (Norvège, Allemagne...), dénoncent ces agissements en portant des maillots spéciaux en début de match. Mais cet acte reste purement symbolique tant qu’aucune nation ne décidera de boycotter officiellement la compétition.


Auteur: Quentin Dos Santos

Rédacteur en chef: Marie-Alice Girardet