Pourquoi la suppression du compte Twitter de Trump interroge-t-elle sur l’influence des GAFAM ?


Donald Trump a vu son compte Twitter supprimé après l’assaut du Capitole par des manifestants, largement influencés par le discours et les tweets de l’ancien président, réclamant une victoire électorale volée.


D’autres réseaux sociaux (Facebook, YouTube) ont aussi suspendu, temporairement ou définitivement, les comptes de D. Trump. Outre le fait que cette décision fasse polémique, elle interroge l’influence de ces plateformes dans le débat public et sur leur rôle à réduire la légitimité d’un acteur politique.


La décision des GAFAM questionne d’abord sur la réponse tardive donnée face aux propos intempestifs de D. Trump durant ses quatre années. Facebook s’est défendu en déclarant que le compte de l’ancien président avait déjà été modéré et que cette fermeture définitive était liée au caractère exceptionnel du 6 janvier.


Nombreux sont ceux, comme le New York Times, à avoir salué la suppression du principal canal d’expression de D. Trump. Cependant, malgré le caractère privé de ces plateformes et en s’octroyant une telle décision sans qu’aucun contrôle n’ait eu lieu, ces agissements remettent en question le système démocratique. Les réseaux sociaux offrent des agoras virtuelles et donnent à tous la possibilité de s’exprimer et de s’organiser, jouant ainsi un rôle phare dans le débat public. Alors qu’aucune instance n’a défini précisément la législation autour des sanctions apportées par les réseaux sociaux, ces derniers ont décidé d’eux-même qu’une ligne rouge avait été franchie dans l’affaire du Capitole.


Face au potentiel des plateformes à devenir plus influentes que les entités politiques et à la dépendance de nos systèmes, des voix s’élèvent parmi les gouvernements pour avertir de la nécessité des Etats de se doter d’instances encadrant et régulant les GAFAM.


Auteur: Camille Renard-Azouzi

Rédacteur en chef: Baptiste Thomas