Pourquoi la tenue d'un grand prix de Formule 1 en Arabie Saoudite fait-elle l'objet de débats ?


Après le Rallye Dakar, l'Arabie Saoudite s'apprête à accueillir un Grand Prix de Formule 1 dans la ville de Djeddah, le 5 décembre 2021 : une première. Une organisation qui intervient alors que la Formula One Management a engagé en 2020 un mouvement nommé #WeRaceAsOne pour promouvoir la diversité et lutter contre les inégalités. La F1 entend ainsi s’engager et passer un message à travers son sport. Pourtant, le respect des droits de l’Homme en Arabie Saoudite pose question. Il s’agit par exemple du dernier pays du monde à avoir autorisé les femmes à conduire en 2018. L’annonce de ce Grand Prix a entraîné une réaction rapide de la part d'Amnesty International qui considère que celui-ci s'inscrit dans le cadre “des efforts en cours pour laver par le sport le bilan catastrophique du pays en matière de droits de l'Homme.” Pour organiser ce grand prix, le montant du contrat entre la F1 et le pays organisateur est révélateur. Selon le Daily Mail, Djeddah devra payer 90 Millions de dollars (M$) par an aux organisateurs de la F1 pour recevoir l'événement, soit 900M$ pour un contrat sur 10 ans. En comparaison, le Grand Prix du Royaume-Uni coûte 25M$ par an à ses organisateurs, montant généralement équilibré par les recettes de l'événement. Ainsi, l’enveloppe déboursée par les Saoudiens sera sûrement une opération déficitaire, laissant supposer des ambitions politiques. Depuis plusieurs années, l’Arabie Saoudite se livre à une course au gigantisme avec ses voisins du Golfe. Entre rachats de clubs de football et organisation d’évènements internationaux, le prince Mohammed Ben Salmane souhaite améliorer l’image du pays et sortir du tout pétrole. La cohérence des valeurs représentées par la F1 et l’organisation d’un Grand Prix en Arabie Saoudite fait débat et questionne sur le bien-fondé d’un tel contrat. La politique a-t-elle sa place en F1 ? Les pilotes doivent-ils boycotter l'événement ?

Auteur: Matthieu Rullier

Rédacteur en chef: Baptiste Thomas