Pourquoi le Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation français (CDJM) est controversé ?


Les récents débats sur les incitations à la haine proférées par des journalistes de CNews et BFMTV interrogent sur le respect de la déontologie dans le journalisme aujourd’hui. En effet, des personnalités telles que Éric Zemmour et Pascal Praud génèrent des buzz médiatiques en proliférant des discours extrémistes et ce sans aucun filtre, notamment contre la désinformation. A cet égard, le CDJM a été créé le 2 décembre 2019. Mais pourquoi est-il controversé ? Le CDJM, érigé en instance nationale de médiation pour la défense d’une information fiable tend à examiner la teneur éthique d’un contenu. Pourtant, la confiance envers les médias chute selon un rapport du Reuters Institute (2020) où 24% de la population seulement estime la presse française fiable. Comment expliquer ces défaillances ? Déjà lors de sa création, le CDJM faisait débat. En effet, nombre de sociétés de journalistes telles que Médiapart ont refusé de participer à ce conseil, beaucoup d’entre elles décriant une normativité déontologique imposée par le gouvernement, soit un risque de censure. Demandant finalement des lois anti-concentration qui éviteraient une marchandisation de l’information, le CDJM fut vu comme une réponse inadaptée à la défiance. Il appartient éventuellement aux entreprises de prendre position telles que l’a fait Décathlon en novembre dernier. Les élus ont aussi un rôle à jouer quant au phénomène de concentration médiatique permettant à la désinformation de s’installer. Depuis un an, le CDJM a été saisi à 123 reprises, prononçant 17 avis non contraignants. Son président appelle à « une plus vaste participation citoyenne ». Sur cette idée, la multiplication des saisines pourrait-elle aider à réduire l’utilisation des fake news à une fin idéologique ?

Auteur: Camille Q

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