Pourquoi le gouvernement minimise-t-il la présence d’une “filière néonazie” au sein de l’armée ?


Mardi 16 mars 2021, Mediapart a publié une nouvelle enquête révélant la présence d’une filière néonazie au sein de l’armée française. En juillet 2020, ce site d’informations avait déjà dénoncé la présence de 7 militaires néonazis, qui ont par la suite été lourdement sanctionnés par le ministère des Armées. Grâce à des sources publiques, les enquêteurs de Mediapart ont décelé l’existence de cette filière composée d’une cinquantaine de militaires issus de 14 régiments. Ils s’affichent sur les réseaux sociaux avec des croix gammées, en reproduisant le salut nazi, mais aussi en incitant des enfants à le faire. Devant le Sénat, la ministre des Armées conteste le mot “filière” et rétorque : "Il s’agit de cas très déviants, mais isolés…” Pourtant, les enquêteurs visent un véritable courant structuré dans lequel les militaires “glorifient le nazisme”. Dans les forces armées, nombreux sont ceux qui se réclament de ces mouvances d’extrême droite. La Direction du Renseignement et de la Sécurité de la Défense (DRSD) ne remplit pas avec sérieux ses fonctions de détection et de répression. Parmi la cinquantaine de militaires, 7 n’avaient pas été repérés. Mediapart précise que les photos des militaires prônant le nazisme sur internet sont concomitantes à leur recrutement. Malgré des révélations sur cette mouvance néonazie en juillet, certains militaires sont restés en poste. Ils profitent de l’absence de réaction de leur hiérarchie pour exprimer sans retenue leurs convictions. La présence de cette filière néonazie n’est pas prise au sérieux et la politique de recrutement de la DRSD semble lacunaire. Le défaut de sanction renforce l’impunité des militaires qui n’hésitent pas à s’exhiber dans leur caserne et au cours de leurs missions. Bien que cette problématique soit européenne, cela participe au discrédit des valeurs françaises.

Auteur: Yanis Alaoui Rédacteur en chef: Anastasia Aldushenkova



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