Pourquoi le Liban est-il en train de vivre l’une des pires crises financières du monde ?


Le dernier rapport de la Banque mondiale intitulé « Le naufrage du Liban : Top 3 des pires crises mondiales » indique que le Liban fait face à l’une des crises économiques les plus sévères du monde depuis le milieu du XIXème siècle. Entre le défaut de dette de l’État, la dévaluation de 85% de la livre libanaise, et l’augmentation drastique du taux de pauvreté, la situation approche un point de non-retour.


Alors que le pronostic vital de l’économie libanaise s’est engagé au cours des dernières années et s’est aggravé avec la pandémie mondiale ainsi que l’explosion du port de Beyrouth, la crise financière actuelle est largement imputée à des décennies de corruptions massives et l’incurie politique d’une élite oligarchique. Incapable de former un gouvernement, de répondre aux critères du Fonds Monétaire International, ou de mettre en place des réformes profondes, la classe dirigeante se contente de maintenir un système de patronage.


En entretenant des dynamiques communautaires, les élites politiques et économiques du pays préservent ainsi une logique de dépendance au clientélisme et aux milices dont elles sont issues, et ce, au détriment des populations qui n’ont plus accès aux services de base. Plus récemment, les graves pénuries en médicaments, en électricité, en essence, couplées à l’arrêt des subventions gouvernementales sur des produits de base comme le pain et le lait, rendent le quotidien de plus en plus compliqué.


Malgré le manque criant de responsabilités des seigneurs de la guerre civile, une dynamique de normalisation s’observe cependant chez la population libanaise. Dans le même temps, la pression internationale reste faible et ne se limite qu’à des sanctions isolées à l’image des États-Unis ou de la France qui ne visent que certains groupes politiques et ne se contentent que de restrictions territoriales ou économiques.


Alors que le pays du cèdre se rapproche d’un état d’effondrement, il convient de se demander jusqu’à quel point les dirigeants politiques libanais vont délaisser leur population pour leurs intérêts personnels, et jusqu’où la communauté internationale va laisser la situation se détériorer.


Auteur: Clément Gibon