Pourquoi le président du Bélarus, prône-t-il la neutralité vis-à-vis de l’Europe et de le Russie?


Le Bélarus est un pays stratégique pour l’Europe et la Russie: dernier territoire tampon pour l’un, acteur potentiellement important pour l’autre. Cependant, le pays n’est ni antirusse, ni anti-européen, la population ne souhaite une ingérence d’aucun de ces deux grands.


Suite à l’élection présidentielle du 9 août 2020, les contestations font renaître la volonté de souveraineté du Bélarus. Un réveil national s’opère à travers des chants patriotiques alors même que la langue nationale n'est utilisée que par une minorité au profit du russe. Depuis 1996, le président bélarus Alexandre Loukachenko entretient des relations mouvementées avec Moscou. Bien qu’on associe ce pays à la zone d’influence russe, le Belarus n’a pas reconnu l’annexion de la Crimée et Minsk a été choisi comme lieu de neutralité pour les accords de paix.


La Russie est un soutien économique majeur pour les biélorusses (25% du PIB entre 2005 et 2015) et l’arrêt de certains partenariats privilégiés avec Moscou est en partie responsable de la baisse de popularité de M. Loukachenko. Dans la crise actuelle, la Russie est un soutien discret au pouvoir. En réalité, M. Poutine ne veut pas se mettre à dos les manifestants qui ne lui sont pas opposés mais reste contre une prise de pouvoir par la rue.


Du côté européen, les soutiens vont vers l’opposition au pouvoir. Les pays font bloc pour condamner les répressions violentes et souhaitent la mise en place de sanctions visant les personnalités politiques. Certains pays européens ont toutefois appelé Moscou pour une action commune et pacifique.


L’Occident n’accepte pas que la Biélorussie soit gérée par Moscou et le sentiment est réciproque. Quant au président biélorusse, il cherche à réduire la dépendance économique envers la Russie ainsi que l’ingérence européenne en cherchant de nouveaux partenaires comme la Chine.



Auteur: Juliette MONICO

Rédacteur en chef: Baptiste Thomas