Pourquoi le rapatriement des enfants et des femmes de djihadistes n’est-il pas systématique?


Pierre Laurent sénateur communiste et Pierre Morel-A-L’Huissier, député UDI ont adressé mercredi 17 février 2021 aux parlementaires deux courriers appelant à ce que les enfants français retenus prisonniers en Syrie soient rapatriés. On dénombre près de 120 femmes et plus de 300 enfants français détenus dans des camps kurdes.

Ce n’est pas la première fois que leur retour est réclamé. Ces appels proviennent en premier lieu des familles. Mais ils ont été repris par le secrétaire général des Nations Unies, l’UNICEF et bien d’autres organisations qui se sont prononcées en ce sens pour des raisons tant humanitaires que sécuritaires.

Quelques rapatriements d’enfants ont déjà eu lieu, au compte-goutte. La France souhaite d’abord que les adultes, complices de l’Etat islamique, soient jugés sur place. De plus, les enfants étant mineurs, leur retour est donc soumis à l’autorisation des parents. Pour le sénateur Pierre Laurent, le gouvernement cherche à limiter le retour de ces enfants pour des questions électorales. Par ailleurs, l'opinion publique se montre défavorable au retour de ces enfants les voyant comme de potentiels futurs djihadistes. En effet, selon un sondage réalisé en 2019 par Odoxa-Dentsu Consulting, 67% des français ne veulent pas que ces enfants reviennent.


Le dernier rapatriement remonte au mercredi 13 janvier 2021. Depuis l’effondrement de l’Etat islamique en mars 2019, seulement 35 enfants de djihadistes français ont été rapatriés. La plupart des enfants qui ont pu être ramenés étaient des orphelins ou des enfants dont les mères ont accepté de se séparer pour leur permettre de retourner en France. Ainsi, on peut se questionner sur la manière dont l’Etat prend en charge ces enfants, le manque d’aide ayant déjà été déploré par des élus concernant de précédents rapatriements.


Auteur: Manelle A

Rédacteur en chef: Aurélien Vurli

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