Pourquoi le rapatriement des familles djihadistes détenues en Syrie fait-il débat en France ?


Détenus dans des camps en Syrie, des femmes djihadistes et leurs enfants ne cessent de protester contre le refus de l’Etat français de les rapatrier en France afin qu’elles soient jugées. Ce mardi 30 mars 2021, le débat a de nouveau été ouvert. En refusant de les rapatrier, le président français conduit alors les représentants du Rojava à se rendre coupable de détention illégale, et par conséquent court le risque d’être accusé de complicité.


Contrairement à d’autres pays européens tels que la Finlande, la France ne fait revenir qu’au cas par cas les enfants de djihadistes qui vivent depuis parfois plusieurs années dans les camps administrés par les forces kurdes. Cependant, un groupe d’avocats et d’universitaires viennent d’entamer une procédure juridique soutenue par la Cour pénale internationale afin de dénoncer la passivité de la France à l’encontre de ces Français.


Selon le Monde, 120 femmes et 300 enfants français sont placés sous la garde des forces kurdes dans les camps d’Al-Hol et de Roj, au nord-est de la Syrie, depuis près de deux ans. Malgré des conditions de vie difficiles, la France reste sur ses positions en raison de la complexité de leur retour, d’un point de sécurité nationale, mais également sur la gestion des enfants de djihadistes.


Cependant, cette décision n’est pas acceptée par les membres des familles. En refusant un rapatriement global, la France expose les forces kurdes à des sanctions internationales. Détenues en Syrie dans des températures invivables, ces femmes souhaitent être rapatriées en France afin d’être jugées. Certaines d'entre elles ont même entamé une grève de la faim afin de faire résonner leurs voix.


Loin d’être résolu, le débat sur le retour des familles djihadistes est un problème complexe. Nombreux sont ceux qui déplorent les conditions de vie et critiquent cette politique du cas par cas, pas une solution viable à long terme.



Auteur: Devisme Juliette

Rédactrice en chef: Agathe Forster .


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