Pourquoi le rapport Duclert marque-t-il une avancée significative dans les relations France-Rwanda ?


D’avril à juillet 1994, un génocide est commis au Rwanda. En à peine cent jours, le gouvernement extrémiste hutu organise le massacre de près de 800 000 personnes. Aujourd’hui, la position de la France lors de ce drame reste trouble. Son rôle exact dans le génocide rwandais n’a jamais été clairement établi. Journalistes, historiens, artistes et associatifs exhortent depuis des années l’État à lever le voile sur ses responsabilités.


En avril 2019, Emmanuel Macron mandate une commission d’historiens présidée par Vincent Duclert afin de faire la lumière sur cette question hautement politique qui empoisonne les relations entre Paris et Kigali depuis vingt-sept ans. Ce rapport s’inscrit dans un projet plus global marqué par la volonté du président français de renouveler les relations avec l’ensemble du continent africain.


Le rapport Duclert détaille plusieurs dérives : d’une part liées à la relation personnelle entre François Mitterrand, alors président français, et le président hutu rwandais, Juvénal Habyarimana, qui conduit à satisfaire toutes ses demandes d’armement. D’autre part, une pratique pyramidale du pouvoir, qui amène l’état-major particulier du président à court-circuiter l’administration, y compris militaire, et à imposer sa grille de lecture en balayant les lanceurs d’alerte.


Tandis que Paris souligne “une avancée considérable” et que Kigali qualifie le rapport de “pas important vers la vérité”, Raphaël Glucksmann, député européen, a estimé que la responsabilité de l’État français sous François Mitterrand constituait le « pire scandale de la Ve République ».


Il est évident que le sujet est très sensible et que ce rapport n’est qu’un début. Celui-ci permet également à Emmanuel Macron d’espérer refonder les relations entre Kigali et Paris et ainsi d’envoyer un signal fort à toute l’Afrique.


Auteur: François D

7 views