Pourquoi le report des prochaines élections régionales relance l'idée du vote par correspondance ?


Le non-report du premier tour des élections municipales du 15 mars 2020 a provoqué un vaste mécontentement public en raison du contexte sanitaire lié à la Covid-19. Dans son rapport rendu le 13 novembre 2020 au Premier ministre Jean Castex, Jean-Louis Debré propose un report des scrutins régionaux et départementaux au mois de juin 2021, au lieu de mars.


Les élections départementales sont régulièrement marquées par une forte abstention : 55,29% en 2011 et 50,02% en 2015. Entre le désintérêt des Français pour ces élections et le contexte sanitaire restrictif, un problème démocratique se pose quant à la légitimité de conseillers élus avec un taux d’abstention qui pourrait être record. Le vote par correspondance pourrait-il résoudre ce problème démocratique ?


La possibilité d’être contaminé dans un bureau de vote peut freiner les possibles électeurs français. Le vote par correspondance écarterait ce danger de contamination. Cependant, dû à des fraudes, ce mode de vote fut abrogé en France en 1975, exception faite pour les législatives, et remplacé par le vote par procuration.


De plus, l’élection présidentielle américaine a rassemblé 66% de la population américaine éligible au vote, selon Nate Silver, statisticien américain, soit le plus haut taux de participation depuis 1900. Le vote par correspondance y a joué un rôle important avec plus de 70 millions de votes. Néanmoins, ce sont ces mêmes votes qui amenèrent D. Trump à suspecter des fraudes électorales.


Le vote par correspondance semble être une aide contre la propagation du virus mais il pose toujours des contraintes démocratiques. La France est-elle prête à revenir sur l’abrogation de la loi de 1975 pour ne pas provoquer une nouvelle et énième relance du virus ?



Auteur: Paul Van Der Werf.

Rédacteur en chef: Lilian R.


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