Pourquoi le siège du Parlement européen basé à Strasbourg est de plus en plus menacé de disparaître?


Emmanuel Macron, lors d'un passage en Lituanie en septembre 2020, déclara : « Si le Parlement européen ne se réunit qu'à Bruxelles, on est foutus […] je défends mordicus l'idée que le Parlement européen doit se réunir à Strasbourg ». Cette déclaration, loin d'être anodine, s'inscrit dans un long processus de remise en question de la légitimité de la ville française à s'incarner siège du Parlement européen.

Si c'est bien la capitale alsacienne qui est mentionnée dans les traités, les eurodéputés ont pris pour habitude de concentrer l'essentiel, si ce n'est la quasi-totalité de leur temps de travail à Bruxelles, siège des autres institutions du triangle institutionnel européen, à savoir le Conseil et la Commission. La remise en cause du siège strasbourgeois s'explique ainsi par deux raisons principales. Il est d'abord reproché les coûts des trajets, d’hôtel et autres frais liés à cette situation. En effet, selon une étude réalisée en 2013 par le Parlement européen, 103 millions d'euros pourraient être économisés si l'ensemble des activités du Parlement était transféré à Bruxelles. Le second point s'inscrit dans le contexte actuel de réduction de l'empreinte carbone. A une époque où l’écologie constitue une priorité de tous les gouvernements, il devient difficile de justifier les trajets des députés et de leurs équipes contraints de gagner Strasbourg pour la tenue des séances plénières. Aujourd'hui, seule la France soutient le maintien du siège du Parlement européen à Strasbourg et la crise du COVID-19, entraînant une démocratisation des sessions plénières en visioconférence, n’a fait qu’aggraver la situation.


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Auteur: Arnaud Carol

Rédacteur en chef: Agathe Mangot

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