Pourquoi le télétravail s’impose-t-il aussi difficilement malgré les consignes du gouvernement ?


Depuis le début de la pandémie, le télétravail est devenu une alternative incontournable au travail de bureau. Cependant, ce dernier ne s'impose que de manière marginale. En effet, en janvier dernier, seuls 30% des actifs étaient en télétravail selon une étude réalisée pour le Ministère du Travail. Pourtant, l'adoption du télétravail est un enjeu de santé publique. Alors que les contaminations de la COVID-19 sont en hausse et que la France fait face à de nouveaux variants, il est important de limiter les contacts. Or les lieux de travail peuvent devenir des clusters redoutés. Selon une étude de l’Institut Pasteur, les contaminations sont 30% moins nombreuses chez les personnes en télétravail que chez celles travaillant en présentiel. S’il n’y a pas un réel boom du télétravail, c'est notamment à cause de l'absence de contraintes juridiques : aucun décret n’a été adopté pour rendre le travail à distance obligatoire. En effet, les mesures du gouvernement se basent exclusivement sur la bonne volonté des entreprises. De leur côté, les entreprises ne souhaitent pas, pour la plupart, adopter le télétravail. Selon une étude réalisée pour l’entreprise TransferWise, 60 % d’entre elles refusent cette option à leurs salariés. Plusieurs raisons sont avancées : la productivité et la cohésion rendues difficiles par le travail à distance selon les managers. Pour la syndicaliste Natacha Pommet, c'est majoritairement une question de contrôle des employés.


Le gouvernement ne compte pas changer de stratégie : il continuera de se limiter à la recommandation sauf en cas de reconfinement. Il est donc nécessaire que l’initiative vienne des entreprises qui pourront éventuellement dépasser leurs réticences. En effet, les apports du télétravail sont nombreux notamment en termes de productivité : jusqu’à 13% de plus selon une étude réalisée par l’université de Stanford en 2015.


Auteur: Yanis FEKAR

Rédactrice en chef: Astrid

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