Pourquoi le tampon, désormais gratuit en Ecosse, fait-il tant polémique en France ?


Ce 24 novembre 2020, l’Ecosse est devenue la première nation au monde à rendre les protections périodiques disponibles gratuitement. Cette nouvelle loi a été encensée par de nombreux acteurs internationaux, mais de l’autre côté de la Manche, la France semble toujours réticente à mettre en place une telle mesure.

En effet, en France, si la lutte contre la précarité menstruelle a lieu depuis de nombreuses années, elle a enfin connu une réelle avancée en 2015 avec une réduction du taux de TVA de 20% à 5% appliquée aux protections périodiques, et ce après de nombreuses pétitions et manifestations. Cela représente 60 centimes d’euros de gain par boîte et coûte environ 55 millions d’euros par an à l’Etat français.

Outre cet aspect financier, la toxicité même du tampon fait toujours polémique. En effet, sa composition ne fait pas l’objet d’une réglementation spécifique en France et de récents cas ont mis en lumière des problèmes liés à son utilisation. L’ANSES et 60 millions de consommateurs ont d’ailleurs, à plusieurs reprises, révélé la présence de glyphosate et autres perturbateurs endocriniens dans les tampons.


Une pétition pour plus de transparence a récolté 300 000 signatures en France mais l’opacité reste de mise sur le sujet. Actuellement, aucune étude d’impact n’a encore été effectuée afin de connaître les conséquences d’une exposition prolongée des muqueuses à ces ingrédients toxiques.

Selon un sondage IFOP de mars 2019, la précarité menstruelle concerne toujours 1,7 million de femmes dans le pays. Pour y mettre fin, le gouvernement a récemment expérimenté une distribution gratuite de protections hygiéniques. Si les résultats de ces tests se font attendre, la gratuité des protections hygiéniques en France ne semble toutefois pas être un objectif réalisable à court terme.



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Auteur: François D Rédacteur en chef: Damien L


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