Pourquoi les élections du Groenland sont-elles une victoire pour la lutte environnementale?


Le 6 avril dernier, les élections législatives groenlandaises, territoire autonome du Danemark, ont porté le parti Inuit Ataqatigiit au pouvoir avec 36,6% des voix. Ce parti d’opposition, de gauche et écologiste, a réussi à surpasser le puissant parti social-démocrate Siumut (24,9% des voix). Les élections ont eu lieu plus tôt que prévu, suite à la chute de la coalition gouvernementale social-démocrate, et s’inscrivent dans une crise politique depuis février autour d’un projet minier controversé.


Le projet d’exploitation du gisement d’uranium et de mines terres rares de Kuannersuit, au sud de l’île, a soulevé une véritable opposition. Le parti Inuit Ataqatigiit avait clairement exprimé son opposition à ce dessein, désastreux pour l’environnement. 63% des Groenlandais étaient aussi contre le projet minier, selon un sondage publié le 5 avril.


Cette victoire du parti écologiste est une avancée de taille pour la lutte environnementale, dans un territoire déjà durement touché par le réchauffement climatique. Pourtant, le projet minier constitue aussi une opportunité d’indépendance du territoire, le Groenland dépendant actuellement fortement de l’économie danoise. Cette mine porte alors avec elle une tentative de développement et diversification économique.


Les Groenlandais ont donc préféré la préservation de l’environnement dans leurs votes. Le nouveau Premier ministre M. Egede a aussi promis de signer l’Accord de Paris sur le climat. Certains secteurs ont pourtant su tirer avantage du réchauffement climatique comme la pêche, qui a vu la hausse des températures rallonger la saison et apporter de nouvelles espèces, telles que le hareng ou le cabillaud.



Auteur: Cassandra LESAGE

Rédacteur en chef: Baptiste Thomas