Pourquoi les équidés et plus particulièrement les chevaux sont-ils attaqués en France ?


Depuis plus d’un an, les actes de cruauté sur les équidés se multiplient en France. Ouest-France a recensé des dizaines de cas à travers la France au cours de ces six dernières années : quatre entre 2014 et 2019, mais surtout une cinquantaine depuis le 12 février 2020, avec plus de trente cas pour le seul mois d’août. La majorité des cas se trouve dans le Nord mais c’est désormais la France entière qui est concernée.


En France, il est pour l'heure improbable d'affirmer que ces mutilations soient l'œuvre du même individu ou groupe. Les hypothèses sont variées : un challenge sur internet, des dérives sectaires, la haine des équidés et même des rites sataniques. Le Parisien rappelait que des phénomènes de mutilations de bétail étaient récurrents aux États-Unis ou au Royaume-Uni (plus de 160 chevaux mutilés de 1983 à 1993) sans explications plus concrètes.


A chaque fois, les animaux sont retrouvés avec une oreille en moins, la droite le plus souvent. Dans la plupart des cas, d'autres mutilations sont pratiquées. Si les tueurs ont procédé par séries jusqu’au déferlement du mois d’août, il est impossible de savoir si les attaques sont liées, d'autant qu'aucun des propriétaires visés n'a le même profil, ce qui exclurait l’idée de vengeance.


Face à cette barbarie, la solidarité s’organise. Ainsi, le portrait-robot d’un des agresseurs dans l’Yonne a été partagé plus de 500 000 fois sur Facebook. Un groupe ‘’Justice pour nos chevaux’’ a été créé et compte 20 000 membres. Certains propriétaires ont aussi investi dans des caméras de surveillance utilisées par les chasseurs, qui se déclenchent au moindre mouvement.


La majorité des animaux visés sont des chevaux. Faut-il y voir un symbole ? Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale, vient de mener une étude sur les actes de cruauté envers les animaux. Le cheval, explique-t-il à l'Yonne Républicaine, "est le troisième animal préféré des Français après le chat et le chien, il a une relation historique avec l’homme. Pour qui voudrait choquer la population, c’est un choix particulièrement judicieux".



Auteur : Mathias de Vernejoul

Rédacteur en chef : Baptiste F.


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