Pourquoi les agriculteurs bio s'inquiètent-ils de l'impact de la future Politique Agricole Commune?


Le 25 juin 2021, la Commission européenne, le Parlement européen et les ministres de l’Agriculture des pays membres ont trouvé un accord sur la future Politique Agricole Commune applicable de 2023 à 2027. Chaque État membre devra s’en inspirer pour mettre en place son plan stratégique national.


En France, le ministère de l’Agriculture poursuit les concertations avec les syndicats pour finaliser le plan stratégique national d’ici juillet 2021. Les premiers arbitrages présentés en mai 2021 par Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture français, n’ont pas rassuré toutes les parties prenantes.


Pour permettre aux paysans de convertir leurs exploitations conventionnelles en exploitations bio, l’Etat français verse différentes aides. Parmi celles-ci, il y a l’aide à la conversion. La PAC prévoit d’augmenter de 30% le budget prévu pour les aides à la conversion, ce qui semble être une bonne chose. En parallèle, l’une des mesures qui inquiète les ONG et les agriculteurs bio est la suppression des aides au maintien.


En pratique, ces aides au maintien sont versées aux agriculteurs durant 5 ans, à partir du moment où l’exploitation est officiellement convertie au bio. Les paysans bio et la Fédération nationale d’agriculture biologique redoutent des déconversions, car ce changement entraînerait, selon les calculs de la Fnab, une diminution de 66% des aides pour les fermes bio.


Enfin, si la filière bio est impactée, le prix des fruits et légumes bio pourrait augmenter à la caisse et certains agriculteurs risquent de se tourner vers le label Haute Valeur Environnementale (HVE). Cette certification autorise l’utilisation et l’achat de produits phytosanitaires à hauteur de 30% du chiffre d’affaires. Dès lors, les agriculteurs choisissant ce label pourront prétendre aux mêmes aides que les exploitants bio.


Auteur: Clémence D

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