Pourquoi les expulsions des exilés à Calais montrent-elles une «entrave à la liberté d’informer » ?


A Calais et à Grande-Synthe, des exilés vivent dans des tentes, sur des terrains boueux, froids et surtout très humides dans l’espoir de traverser la Manche et rejoindre l’Angleterre. Depuis l’expulsion de la « jungle » en 2016, ils sont répartis sur une dizaine de lieux de vie d’où ils sont expulsés toutes les 48 heures par ordre de la préfecture. Fin décembre 2020, deux journalistes, Louis Witter et Simon Hamy, sont empêchés d’accéder aux expulsions sur les différents lieux. Début janvier 2021, ils requièrent, par un référé-liberté au tribunal administratif de Lille, l'autorisation d’y accéder. En effet, selon les deux journalistes, les restrictions d’accès, les contrôles d’identité, les pratiques d’obstruction et d’intimidation mettent en danger la liberté fondamentale d’informer.1 Le référé-liberté est rejeté le lendemain par les préfets du Nord et du Pas-De-Calais, qui soutiennent que le périmètre de sécurité permet de garantir la sécurité des forces de l’ordre et des autres personnes lors de l’opération. L’autre raison principale est que « l’urgence n’est pas caractérisée dès lors que les opérations d’évacuation dénoncées sont terminées ». Witter et Hamy décident le 15 janvier de faire appel devant le Conseil d’État, considérant que le caractère urgent de leur référé devrait être reconnu, puisque les expulsions ne se sont pas arrêtées et continuent toutes les 48 heures. Le Syndicat National des Journalistes et Reporters sans Frontières prennent le parti des deux journalistes, considérant que la préfecture doit garantir le droit d’informer. L’action de ces deux journalistes a permis de publier des photos des équipes de nettoyage lors des expulsions, munies de cagoules et de couteaux, lacérant les tentes pour les rendre inutilisables. Entre mesures sécuritaires et « entrave à la liberté d’informer », le débat subsiste.



Auteur: Eloïse CHENAL

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