Pourquoi les occidentaux continuent-ils d'alimenter le conflit des yéménite et les houthis ?


Lors du printemps Arabe de 2011, les Yéménites se sont soulevés pour destituer le président Ali Abdallah Saleh, en poste depuis 1969. L’Arabie Saoudite voisine, qui souhaite la stabilité du Yémen, intervient pour aider le gouvernement yéménite à réprimer cette vague protestataire. Les Houthis, autonomes, s’insurgent alors, aidés par le rival iranien. Ils contrôlent à présent 60% du pays.

Durant ces 7 ans de guerre, 230 000 personnes sont mortes selon l’ONU, dont la moitié de causes indirectes: malnutrition et manque d'infrastructures médicales. Tous les belligérants seraient coupables de crime de guerre: torture, viols, disparitions, utilisation de la famine et d'enfants-soldats, bombardements d’hopitaux… Alors que 85% de la population dépend de l’aide humanitaire, l’ONU appelle la communauté internationale à s'abstenir de fournir des armes.


L’administration Trump souhaite désigner les Houthis comme organisation terroriste, dans le but d’affaiblir l’Iran, ce qui compliquerait énormément l’aide humanitaire. L’Arabie Saoudite a félicité ce choix, et s’avère avoir acheté pour 8 milliards de dollars d’armes sur 4 ans aux Etats-Unis, et 1,4 milliards d’euros d’armes à la France en 2019, qu'elle a utilisées durant la guerre au Yémen. Un conflit d’intérêt majeur fait surface : l’Occident appelle à l’apaisement tout en fournissant les armes qui alimentent le conflit.


L’aide internationale au Yémen souffre d’usure et de lassitude, dans une situation qui ne cesse de se dégrader. Le système de santé est proche de l’effondrement, la moitié des structures sont désaffectées, et le personnel médical est pris pour cible. La pandémie de la COVID-19 ainsi qu’une forte épidémie de choléra viennent s’ajouter à la crise. L’ONU appelle à un cessez-le-feu, alors que l’année 2020 s’est terminée par une attaque de l'aéroport d’Aden.



Auteur: Cami

Rédacteur en chef: Louise Chappe