Pourquoi les récentes élections israéliennes sont-elles l’expression d’une crise politique ?


Le 23 mars 2021 se sont tenues les 4èmes élections législatives depuis 2 ans en Israël. S’agissant d’une république parlementaire, les 120 sièges au Parlement, la Knesset, sont attribués à la proportionnelle intégrale. Le Président, qui détient des pouvoirs limités comme dans le modèle britannique, désigne le Premier ministre au sein du parti « majoritaire ». Ce dernier doit composer un gouvernement qui soit accepté par la Knesset.


Au terme des élections de mars, 13 partis se sont vu allouer au moins 4 sièges. Le parti ayant obtenu le plus de voix, celui du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou, le Likoud, dispose de 30 sièges. C’est largement moins que les 61 nécessaires pour détenir la majorité au Parlement. Cette situation ne s’étant jamais présentée, la formation d’un gouvernement relève toujours de coalition plus ou moins bancale. Depuis 4 ans, le manque de consensus paralyse la vie politique israélienne.


Les élections législatives récentes ont surtout vu la confrontation entre pro et anti-Netanyahou, lequel est accusé de corruption. En effet, le principal parti d’opposition à la droite de Netanyahou, le Yesh Atid, centriste, dispose de 17 sièges et tente de créer une alliance. La crise politique, sur fond de querelles personnelles, entraîne la constitution de potentielles coalition incohérentes idéologiquement, comme entre le Yesh Atid et le Parti sioniste religieux, parti d’extrême droite entrant à la Knesset.


Sans réelle conviction, le Président Rivlin a désigné Netanyahou pour former le gouvernement. Si les discussions n'aboutissent pas, Israël pourrait se retrouver dans une nouvelle impasse. Netanyahou a néanmoins pris l’avantage avec une campagne électorale reposant sur une intense campagne de vaccination à destination des arabes israéliens. Ces derniers, avec le parti Ra’am, sont l’électron libre dans le jeu actuel des alliances contraires.


Auteur: Rémi D.

Rédacteur en chef: Paul G.