Pourquoi les répressions de l’Inde envers les manifestants contre les réformes agricoles ?


Depuis novembre dernier, des dizaines de milliers d'agriculteurs manifestent contre les trois lois adoptées en septembre par le parlement indien qui visent à libéraliser la production et le commerce agricole.


Ces réformes inquiètent les agriculteurs car elles pourraient engendrer des prix de vente sans prix minimum alors qu’auparavant, les marchés agricoles étaient régulés par les services publics avec des prix minimum garantis. Le secteur agricole permet de nourrir près de 70% de la population indienne et contribue à environ 15% du PIB du pays.


Les tensions entre les protestants et le gouvernement se sont intensifiées depuis la révolte ayant eu lieu le jour de la fête nationale. En effet, des dizaines de milliers de policiers ont été déployés, faisant usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Mais surtout, d’après le Ministère de l'Intérieur, les autorités ont coupé les liaisons Internet pour «maintenir l’ordre public ».


Selon l’association Access Now, l’Inde est le pays ayant eu le plus recours aux coupures internet en 2019. D’après CNN, elles sont considérées comme portant atteinte à la démocratie ainsi qu’à la liberté de la presse. En effet, Mandeep Punia, journaliste indépendant couvrant les manifestations, a été arrêté et placé en détention préventive pendant 14 jours. Cela crée également des répercussions sur les citoyens qui sont forcés de travailler et d’étudier à domicile en raison du COVID-19.


Le parti du Premier ministre Narendra Modi a écrit une lettre conjointe avec 15 autres partis d’opposition, pour condamner la façon dont les manifestants ont été traités par le gouvernement. Ils y décrivent ces actes comme étant « arrogants, intransigeants et antidémocratiques ». La Cour suprême indienne a alors suspendu jusqu’à nouvel ordre la réforme agricole et annoncé la formation d’un comité d’experts.


Auteur: Audrey Cisti

Rédacteur en chef: Cyriaque GABORIEAU