Pourquoi nous ne vivons pas une pandémie mais une crise causée par la gestion du COVID-19?


L’épidémie de Covid 19, qui a fait plus de 94 302 morts en France et 2 721 891 dans le monde au 27 mars 2021, est qualifiée de pandémie car elle touche l’ensemble des pays du monde. La philosophe Barbara Stiegler rejette pourtant ce terme car nous ne vivons pas, selon elle, une pandémie, mais bien plutôt en pandémie. Nous sommes en effet entrés dans un nouveau continent mental, où notre perception du monde est redéfinie par notre réaction face au virus.

En premier lieu, une pandémie affecte l’ensemble de la population. Or, sans minimiser la gravité de l'épidémie, il ne faut pas oublier que son taux de létalité réel (en prenant en compte les cas non déclarés) est estimé autour de 0,7%, et qu’il peut très fortement varier d’une personne ou d’un pays à l’autre. Nous affrontons ainsi une syndémie sanitaire et sociale, une maladie qui s’attaque aux organismes déjà fragilisés comme les personnes âgées, porteuses de comorbidités mais aussi les plus fragiles économiquement et socialement.

Nous sommes cependant tous impactés par les mesures biopolitiques prises par le gouvernement car son objectif est de préserver la vie individuelle et sociale par une gestion disciplinaire.L'état d’urgence sanitaire qui dure depuis le 24 mars 2020, nous fait ainsi accepter une “vie vide” dans laquelle la distanciation sociale devient le nouveau principe de protection de la société.

Enfin, cette syndémie, touche durement le système sanitaire, jugé “mal préparé à affronter une telle situation” par la cour des comptes. Elle est ainsi en partie causée par la volonté d’éviter la saturation des hôpitaux, déjà débordés, et non d’augmenter structurellement la capacité d’accueil.

Pour sortir de cette prison mentale et de l’incertitude causée par la gestion de crise, Barbara Stiegler propose ainsi de réfléchir à la période que nous traversons afin de penser un retour à la vie sociale. Auteur: Corentin Desage Rédacteur en chef: Margot Cocquet

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