Présidentielle au Tadjikistan pour prolonger le règne de son homme fort


L'autoritaire dirigeant de 68 ans devrait être élu pour un nouveau mandat de sept ans ce dimanche 11 octobre et ainsi prolonger son record de longévité au pouvoir dans l'ancien espace soviétique. Face à lui, quatre candidats considérés comme des faire-valoir pour le président, ce dernier ayant au fil des décennies écarté de la scène politique toute forme d'opposition. Leur rôle est "de donner une illusion de campagne à ce qui serait sans cela un non-événement", estime John Heathershaw, professeur de relations internationales à l'université d'Exeter au Royaume-Uni.


La candidature de M. Rakhmon avait été formellement proposée en août par les syndicats tadjiks, qui avaient expliqué leur décision par le fait que le chef de l'Etat avait permis la restauration de l'unité nationale, de la paix et de la stabilité après la guerre civile. Le pays, frontalier de l'Afghanistan, a connu une guerre civile entre le pouvoir pro-communiste et des rebelles intégristes musulmans qui a fait plus de 100.000 morts entre 1992 et 1997.


De nombreux électeurs interrogés dimanche matin louaient leur chef de l'Etat. D'autres regrettaient que ce scrutin ne soit qu'une formalité, et étaient bien en peine de nommer les concurrents du dirigeant tadjik. Ces derniers mois, le président a semblé par ailleurs organiser sa succession en plaçant son fils aîné, Roustam Emomali, 32 ans, à un poste clé. Maire de la capitale tadjike Douchanbé, il est aussi depuis avril à la tête du Sénat. Or en cas d'incapacité du chef de l'Etat, c'est au président de la chambre haute d'assurer l'intérim à la présidence.


Le Tadjikistan est pays le plus pauvre d'Asie centrale et compte officiellement plus de neuf millions d'habitants.Des centaines de milliers de Tadjiks travaillent cependant en Russie ou au Kazakhstan, notamment sur les chantiers, pour pouvoir envoyer de l'argent à leurs familles.


Reuters/AFP