Procès Ikea: l'ex-directeur de la sécurité reconnaît des contrôles de masse de salariés


Des contrôles de masse de salariés au sein d'Ikea France: l'ex-directeur de la sécurité de l'entreprise a reconnu jeudi devant le tribunal correctionnel de Versailles qu'un système de vérification y avait bel et bien existé, relançant la question de la responsabilité des dirigeants.

Antécédents judiciaires, patrimoine, train de vie, situation familiale et même prénoms des enfants: la présidente a défini jeudi le périmètre de ces vérifications qui visaient des employés mais aussi des clients avec lesquels la filiale française du géant suédois de l'ameublement était en litige. Dans cette affaire dite d'espionnage dont le procès a débuté lundi, Ikea France, poursuivi comme personne morale, encourt jusqu'à 3,75 millions d'euros d'amende. Quinze personnes physiques sont également jugées, dont des directeurs de magasins, des fonctionnaires de police et des anciens dirigeants comme l'ancien PDG Stefan Vanoverbeke (2010-2015) et son prédécesseur Jean-Louis Baillot. Au cœur de ce système figure Jean-François Paris, directeur de la gestion des risques d'Ikea France de 2002 à 2012, aujourd'hui âgé de 56 ans. Il a reconnu avoir transmis des listes de personnes à tester - reçues de directeurs de magasins à Jean-Pierre Fourès, un ancien policier patron de la société d'investigations privée Eirpace. Aujourd'hui à la retraite, M. Fourès est accusé de lui avoir répondu en piochant des données confidentielles dans un fichier de police informatisé. La directrice des ressources humaines d'Ikea France de 2005 à 2009 Claire Héry a elle aussi nié jeudi avoir eu vent d'un système de surveillance des salariés. D'après l'enquête, la filiale Ikea France allouait un budget de 30.000 à 600.000 euros par an à plusieurs sociétés d'investigation.


Reuters/AFP



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