Qu’est-ce que la fête ?


Face aux restrictions et à la fermeture de la plupart des lieux pour faire la fête (boîtes de nuit, bars, festivals), certains ont osé la prolonger par des fêtes improvisées et sauvages. La fête en tant que célébration collective d’un événement apparaît essentielle et nécessaire au renforcement du lien social. Officielle, religieuse, folklorique ou privée, la fête prend de multiples visages.


Si la fête exprime symboliquement un ordre à travers l’événement célébré, elle est pourtant un moment à part relevant du désordre comme le montre la fête romaine des Saturnales, seul jour de l’année où les esclaves prennent la place des maîtres, ou encore le Carnaval, fête du renversement, de transgression, voire de contestation (sans pour autant être révolutionnaire).


Alors que les fêtes officielles et les fêtes privées sont faites pour que rien d’inattendu ne s’y passe, la fête véritable est, pour le philosophe Michaël Foessel, celle qui crée de l’imprévu ainsi qu’un brassage démocratique : “on ne fait pas les fêtes, les fêtes se font”.


Dans la Lettre à d’Alembert, Rousseau indiquait en effet la marche à suivre pour lancer une fête républicaine : « Plantez au milieu d’une place un piquet couronné de fleurs, rassemblez-y le peuple, et vous aurez une fête ». En plus de cette condition de liberté, il ajoute la condition d’égalité entre les participants de la fête. Loin des fêtes où les VIP sont admirés par la foule, la fête véritable laisserait place à des rencontres inattendues suspendant toute hiérarchie sociale durant le moment d’un échange ou d’une danse.


Finalement, et contrairement à Philippe Murray qui critiquait la montée de l’homo festivus, frivole et intempérant, la fête imprévisible apparaît comme indispensable à la vie sociale dans nos démocraties modernes.


Auteur : Hugo H-C

Rédacteur en chef : Edgar


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