Quelle est la responsabilité des réseaux sociaux dans la fragmentation de la société américaine ?


Aujourd’hui, plus de 4 milliards d’individus dans le monde sont inscrits sur au moins un réseau social. Nous sommes définitivement membres du « village planétaire » décrit par McLuhan. Un monde interconnecté, fruit du processus de mondialisation et permis par l’essor des nouvelles technologies de communication.

Le pays de la Silicon Valley ne déroge évidemment pas à la règle, présentant un taux de pénétration des réseaux sociaux de plus de 71%. Mais alors que les réseaux sociaux prétendent connecter les gens et intensifier les liens au sein des communautés, comment expliquer une telle fissure socio-politique au sein de la population américaine ? Tout d’abord, il est fondamental de comprendre que les réseaux sociaux ne sont pas des «outils» au service des utilisateurs mais l’inverse. Leur but est de fournir du contenu illimité, personnalisé et adapté aux intérêts et notamment aux opinions politiques du « consommateur » afin de lui recueillir des données qui seront vendues sur le marché du Big Data. En raison du 1er amendement, il est difficile de légiférer sur la filtration et l’indication de la véracité des contenus imposés aux citoyens américains laissant libre cours à la propagation d’informations aux origines douteuses visant à influencer inconsciemment le vote des électeurs indécis. Ainsi, les utilisateurs sont plongés dans un “bubble effect” théorisé par le militant d’Internet Eli Pariser, ayant pour conséquence de polariser sensiblement et durablement les opinions politiques au sein de la société. Le débat démocratique entre les deux partis politiques s’en trouve fragilisé et les politiques bipartisanes plus ardues. De même qu’au sein de la population, à l’image de la manifestation de Charlottesville, le dialogue laisse désormais place à l’incompréhension et la détestation de l’autre, faisant des Etats-Unis un état désuni.


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Auteur : Victor K

Rédacteur en chef : Laura König

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