Raul Castro s’en va, mais restera incontournable à Cuba


Cuba a tourné la page des frères Castro avec le départ en retraite de Raul, 89 ans, un moment historique même si le célèbre révolutionnaire restera consulté sur les grandes décisions du parti unique. "Le compagnon Raul, par sa légitimité et parce que Cuba a besoin de lui, sera consulté sur les décisions stratégiques de plus grande importance pour le destin de la nation", a annoncé Miguel Diaz-Canel, 60 ans, élu à sa place premier secrétaire par les délégués du Parti communiste. Pour l'immense majorité des 11,2 millions de Cubains, il n'y a jamais eu qu'un Castro - Fidel, puis son frère Raul - aux manettes. Pendant que les 300 délégués du parti étaient réunis à la Havane, les Cubains, eux, avaient l'esprit ailleurs: la plupart sont juste fatigués des pénuries et interminables files d'attente, dans cette île obligée d'importer 80% de ce qu'elle consomme. Et les jeunes, nombreux à s'exiler faute d'opportunités, expriment de plus en plus leurs frustrations sur les réseaux sociaux, dopés par l'arrivée de l'internet mobile fin 2018. Pendant le congrès, de nombreux militants et journalistes indépendants ont dénoncé via Twitter être empêchés par la police de sortir de chez eux, une technique utilisée par les autorités pour bloquer tout rassemblement. D'autres ont dit avoir subi des coupures de téléphone et d'internet. Ces derniers mois, internet a été le moteur d'une grogne sociale inédite, dans ce pays où les manifestations sont rarissimes. En réponse, le parti a adopté une résolution pour renforcer "l'activisme révolutionnaire sur les réseaux sociaux" et lutter contre leur "subversion".


AFP/Reuters