"Risque d'apartheid" en Israël : "Utiliser ce mot renvoie à l'idée d'un racisme assumé"


"Le risque d'apartheid est fort". La déclaration du ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à propos de la situation en Israël a provoqué l'ire de Tel Aviv. Le ministère israélien des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazy, a convoqué jeudi l'ambassadeur de France en Israël, Eric Danon, lui notifiant que ces propos étaient "inacceptables, sans fondement et déconnectés de la réalité".


Ce n'est pas la première fois que le traitement par Israël des Palestiniens est comparé à l'apartheid, la politique de ségrégation raciale et le traitement des non-blancs en vigueur en Afrique du Sud entre 1948 et 1991. L'analogie avait été utilisée par l'ancien président états-unien Jimmy Carter en 2006, ou dans un rapport qui avait causé une vive polémique aux Nations Unies en 2017.


Julie Neveux, linguiste à la Sorbonne Université, décortique l'utilisation de ce mot par Jean-Yves Le Drian. Selon elle, il y a une condamnation de la politique israélienne, mais implicite. Elle souligne les deux formules impersonnelles utilisées par Jean-Yves Le Drian, qui font semblant de décrire une situation : "risque d'apartheid" et "ingrédients d'apartheid". Ces formulations se gardent de nommer le coupable. Il n'y a pas de sujet, comme s'il n'y avait pas de volonté politique.


AFP