Sages-femmes : journée de mobilisation pour plus de reconnaissance


"On vous fait naître, il faut nous reconnaître": une journée de mobilisation a réuni mercredi 24 février plusieurs dizaines de sages-femmes dans plusieurs villes de France pour dénoncer le manque de reconnaissance de la profession, et des salaires jugés trop bas. Les manifestantes ont répondu à l'appel à la grève des deux principales organisations syndicales de la profession (ONSSF et UNSSF) à Bordeaux, Toulouse et Paris notamment, à l'occasion d'une réunion de travail au ministère de la Santé. A Bordeaux, une cinquantaine de sages-femmes et étudiantes se sont rassemblées en centre-ville. Derrière elles, une grande banderole laissait apparaître "Code Rouge", expression qui désigne le déclenchement d'une césarienne en extrême urgence pour sauver la mère et/ou l'enfant. "Nous souhaitons être reconnues comme profession médicale par l'administration", explique Marina, sage-femme à la Maison de Santé protestante de Bordeaux-Bagatelle, à Talence. "Après le Ségur de la Santé, où nous n'étions pas représentées, nous avons été augmentées comme des secrétaires médicales, à hauteur de 183 euros." Cette dévalorisation s'exprime également dans le manque de moyens accordés au secteur, selon les syndicats. Sandrine Bensi, porte-parole du collectif Sages-femmes de Haute-Garonne, demande plus de personnel: "Il est dangereux de laisser une sage-femme suivre toute seule deux, voire trois accouchements en même temps", affirme-t-elle, réclamant "une sage-femme par femme en train d'accoucher". Une mission de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a été lancée à l'issue de la réunion de travail au ministère de la Santé, mais les échanges ont été jugés "décevants" par l'ONSSF. Une nouvelle mobilisation est prévue à Paris le 8 mars, pour la journée internationale des droits des femmes, et s'étendra peut-être à d'autres villes, indique le syndicat.


Reuters/AFP


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