Scandale des vaccins en Argentine: démission du ministre de la Santé


Le ministre de la Santé argentin, Ginés González García, a démissionné vendredi à la demande du président Alberto Fernandez, après des révélations selon lesquelles il proposait à ses amis de se faire vacciner au ministère sans prendre rendez-vous dans un hôpital. Il a été remplacé par Carla Vizzotti, une spécialiste en médecine interne de 48 ans, connue pour avoir négocié le vaccin russe Spoutnik V pour l'Argentine. González García, 75 ans, était à ce poste depuis 2019 et avait géré la pandémie depuis le début, mais son mandat a été terni par le scandale des "vaccins privilège". C'est le journaliste Horacio Verbitsky, 71 ans, qui a raconté à la radio s'être fait vacciner au ministère suivant les indications de son vieil ami le ministre. Il a fait cet aveu le jour même où, à Buenos Aires, un site internet municipal mis en place pour permettre aux personnes âgées de plus de 80 ans de prendre rendez-vous pour se faire vacciner, a été presque immédiatement saturé par une demande gigantesque. Selon la presse locale, outre M.Verbitsky, d'autres personnes proches du gouvernement ont été vaccinées au ministère de la Santé. Le scandale a provoqué une déferlante de réactions sur les réseaux sociaux sous le hashtag #vacunasvip ("vaccinsVIP"). González García a souligné dans sa lettre de démission que "les personnes vaccinées appartiennent aux groupes inclus dans la population cible de la campagne actuelle", c'est-à-dire les personnes de plus de 70 ans, qui peuvent se faire vacciner depuis mercredi. L'Argentine a dépassé le 13 février le seuil des 50.000 décès liés au Covid-19 et compte plus de deux millions de cas de contamination par le coronavirus. Jusqu'à présent, le pays a reçu 1.220.000 doses de Sputnik V et 580.000 doses du vaccin indien Covishield. Le plan comprend aussi des vaccins d'Oxford/AstraZeneca, pour un total de 62 millions de doses cette année.


Reuters/AFP