Scandale du Mediator: les laboratoires Servier condamnés pour "tromperie aggravée"


Plus de dix ans après le retentissant scandale du Mediator, un médicament tenu pour responsable de centaines de décès, les laboratoires Servier ont été condamnés pour "tromperie aggravée" et "homicides et blessures involontaires" et devront verser environ 180 millions d'euros aux victimes. La magistrate a mis en avant "l'extrême gravité" des faits de tromperie, d'une "ampleur considérable et inédite" et dont "ont été victimes des milliers de patients". Ces agissements ont "rompu la chaîne de confiance" qui va du fabriquant du médicament au patient et "fragilisé la confiance dans le système de santé", a déclaré la présidente. Condamné à payer 2,718 millions d'euros d'amende, le groupe pharmaceutique a toutefois été relaxé du délit d'"escroquerie". Les laboratoires qui fabriquaient le Mediator, et l'ont commercialisé pendant 33 ans jusqu'à son retrait en novembre 2009, devront verser au total "plus de 180 millions d'euros" aux parties civiles en réparation des préjudices subis, selon les premiers calculs effectués par des avocats dans la foulée du délibéré. Jean-Philippe Seta, l'ex-numéro 2 du groupe pharmaceutique et ancien bras droit du tout-puissant Jacques Servier, décédé en 2014, a lui été condamné à quatre ans d'emprisonnement avec sursis, ainsi qu'à une amende de 90.600 euros. Il devra lui aussi indemniser des victimes. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps), qui a "gravement failli dans sa mission de police sanitaire", a elle été condamnée à 303.000 euros d'amende. Quatre anciens cadres et experts des autorités de santé accusés de "conflits d'intérêts" avec Servier ont par ailleurs été condamnés à de la prison avec sursis et des amendes. Dans ce volet, cinq autres personnes ont été relaxées.


AFP/Reuters