Somalie: sous pression, le président se résout aux élections


Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, mis sous pression par ses alliés, a appelé à la tenue d'élections à l'issue d'une journée de mardi qui avait vu des habitants de Mogadiscio quitter leurs quartiers, craignant de nouveaux affrontements armés. Le dirigeant s'adressera au parlement samedi afin d'obtenir son approbation pour le processus électoral et appelle les acteurs politiques à tenir des discussions urgentes sur la manière de conduire le vote, a dit celui qui est surtout connu sous son surnom de Farmajo.


La tension était vive mardi dans la capitale, deux jours après des échanges de tirs entre forces gouvernementales et pro-opposition qui ont fait trois morts. De telles violences à caractère politique n'ont plus été observées depuis plusieurs années en Somalie, pays à l'équilibre précaire déjà confronté à la rébellion islamiste des Shebab affiliés à Al-Qaïda. Les tensions politiques enflaient depuis la fin du mandat du président Farmajo, qui a expiré le 8 février sans que des élections puissent être organisées.


L'impasse électorale s'est transformée en affrontements armés dimanche soir, alors que des combattants alliés à l'opposition installaient des barrages dans plusieurs quartiers de Mogadiscio. Mardi, deux des cinq Etats semi-autonomes qui composent le pays, ceux de Galmudug et d'Hirshabelle, ont officiellement rejeté la prolongation du mandat présidentiel et appelé à la tenue d’élections. Allié de Farmajo, le Premier ministre Mohamed Hussein Roble a salué cette déclaration et appelé à l'accélération d'élections justes et libres. Dans un communiqué mardi, la mission de l'Onu en Somalie (Unsom) s'est dite particulièrement alarmée par la fragmentation émergente de l'armée nationale somalienne.


Selon le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), le déclencheur immédiat des violences de dimanche est l'arrivée dans la capitale d'unités de l'armée fidèles à l'un des candidats à la présidentielle de l'opposition, qui ont abandonné leurs bases dans le centre sud d'Hirshabelle, région qui constitue une des lignes de front de la lutte contre les Shebab. Depuis lundi, chaque camp a consolidé ses positions, suscitant la peur des habitants. A Sigale, un quartier du sud de la ville, des habitants ont indiqué que des renforts de l'opposition étaient arrivés dans la nuit et s'étaient installés non loin des positions des forces pro-gouvernementales. La plupart des acteurs politiques somaliens disposent de combattants et d'armes et les allégeances aux clans, puissantes en Somalie, ont été ravivées par le conflit électoral, estiment des analystes.


AFP/Reuters