Syrie : Bachar al-Assad réélu sans surprise avec 95,1% des voix


La présidentielle syrienne avait tout d'une farce électorale. Sans grande surprise, Bachar al-Assad a été réélu jeudi soir à la tête de la Syrie avec 95,1% des voix. C'est mieux qu'il y a sept ans, où il avait obtenu plus de 88% des voix. Dans le détail, 14,2 millions de personnes ont cette fois participé au scrutin, soit un taux de participation de 76,64%. Deux personnalités considérées comme des faire-valoir, l'ex-ministre et parlementaire Abdallah Salloum Abdallah et un membre de l'opposition tolérée par le pouvoir, Mahmoud Mareï ont remporté respectivement 1,5% et 3,3% de voix. Pas de quoi inquiéter Bachar al-Assad dans sa quête d'un quatrième mandat, au sein d'un pays en plein marasme économique - avec plus de 80% de la population vivant dans la pauvreté selon l'ONU - et ravagé par une décennie de guerre qui a fait plus de 388 000 morts. Bachar al-Assad se présentait justement comme l'homme de la reconstruction, après avoir enchaîné depuis 2015 les victoires militaires avec l'appui de ses alliés, la Russie et l'Iran, reprenant les deux-tiers du territoire. Le scrutin excluait de facto les figures de l'opposition en exil, très affaiblie, la loi électorale imposant aux candidats d'avoir vécu en Syrie dix ans consécutifs. Les régions autonomes kurdes du nord-est ont ignoré le scrutin. Tout comme le dernier grand bastion djihadiste et rebelle d'Idleb (nord-ouest), qui abrite quelque trois millions d'habitants. Cela n'a pas empêché, avant même l'annonce des résultats officiels, et alors que le dépouillement des votes prenait fin, des dizaines de milliers de Syriens de se rassembler dans plusieurs villes du pays. A Damas, des milliers de partisans de Bachar al-Assad se sont massés sur la place des Omeyyades, agitant des drapeaux syriens et des portraits du président, scandant des slogans à sa gloire et dansant.


AFP