Tchad: Déby tué au combat, son fils nouvel homme fort à la tête d'un conseil militaire


Le président tchadien Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans et partenaire-clé des Occidentaux dans la lutte contre les jihadistes au Sahel, est mort mardi 20 avril des suites de blessures subies au front contre des rebelles, et un de ses fils, général de 37 ans, lui succède à la tête d'un conseil militaire. Pour 18 mois, promet-il. Un conseil militaire de transition (CMT) présidé par le général quatre étoiles Mahamat Idriss Déby, jusqu'alors chef de la redoutable Garde présidentielle, unité d'élite et garde prétorienne du régime, a dissous gouvernement et Assemblée nationale et juré que de nouvelles institutions verraient le jour après des élections libres et démocratiques dans un an et demi. La France "perd un ami courageux", a annoncé l'Elysée dans un communiqué, soulignant l'importance d'une transition pacifique et son ferme attachement à la stabilité et à l'intégrité territoriale du Tchad. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé à une transition militaire d'une durée limitée qui puisse conduire à l'instauration d'un gouvernement civil et inclusif. La ministre des Armées Florence Parly a de son côté affirmé que la France "perd un allié essentiel dans la lutte contre le terrorisme au Sahel". Après avoir écarté par l'intimidation ou la violence quelques rares ténors d'une opposition divisée, le maréchal Déby avait été proclamé lundi soir vainqueur de la présidentielle du 11 avril pour un sixième mandat, avec 79,32% des voix. Ce militaire de carrière, puis rebelle putschiste qui s'était emparé du pouvoir en 1990, n'avait de cesse de se présenter, comme un "guerrier". Il a été grièvement blessé en allant diriger lui-même, à 68 ans, les combats de son armée contre une colonne de rebelles infiltrés, comme souvent, depuis la Libye, à plusieurs centaines de kilomètres de N'Djamena.


AFP/Reuters