Tensions sur l'Ukraine: l'armée russe entame son retrait


L'armée russe a entamé vendredi le retrait de ses troupes massées depuis des semaines près de l'Ukraine, un déploiement qui avait provoqué un regain de tensions avec l'Occident et des craintes d'une attaque contre Kiev.

Présent jeudi à des exercices en Crimée impliquant 10.000 hommes, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou avait annoncé le retrait à compter du 23 avril et jusqu'au 1er mai des dizaines de milliers de troupes déployées en Crimée, dans le sud et dans l'ouest de la Russie, pour ce qu'il avait qualifié d'exercices surprise pour vérifier l'état de préparation des forces russes. La présence de ce grand nombre de soldats -- 100.000 selon l'UE -- près de l'Ukraine, qui combat depuis 2014 des séparatistes prorusses dans l'est du pays, a alimenté les tensions entre Moscou, Kiev et les Occidentaux ces dernières semaines.

Kiev soupçonnait Moscou de préparer une invasion en provoquant par exemple un casus belli dans l'est ukrainien. La Russie a démenti, assurant que ses manoeuvres n'étaient pas menaçantes mais une réponse à des exercices de l'Otan en Europe et à des provocations ukrainiennes. Le déploiement russe a été l'occasion pour Moscou de montrer ses muscles dès les premiers mois de l'administration de Joe Biden, lançant ces opérations juste après que ce dernier a qualifié Vladimir Poutine de "tueur".

Désormais, les deux capitales discutent d'un éventuel sommet cet été dans un pays neutre, sur proposition de Washington. Selon l'analyste Mark Galeotti, dans ce contexte "le Kremlin considère probablement qu'il lui a forcé la main".

Les tensions restent néanmoins très vives, comme en ont témoigné le récent échange de sanctions et les expulsions réciproques de diplomates.


AFP/Reuters