Thaïlande: des manifestants au Monument de la Démocratie à Bangkok


Des manifestants thaïlandais ont escaladé le Monument de la Démocratie à Bangkok qu'ils ont recouvert d'un tissu de couleur pourpre pour exiger la libération de quatre militants et l'abrogation de la loi de lèse-majesté qui protège le roi de la diffamation.

Plusieurs centaines de personnes réclamant la démocratie se sont rassemblées dans le carrefour où se dresse ce monument érigé à la fin des années 30, dans le quartier historique de la capitale, sous la surveillance d'un important dispositif de la police antiémeutes.


Les protestataires ont également exigé la libération de quatre leaders du mouvement pour la démocratie qui ont été inculpés notamment de violation de la loi sur la diffamation du roi, un délit passible d'une peine allant jusqu'à 15 ans de prison. A la tombée de la nuit, les manifestants se sont dirigés vers le Palais royal mais ils ont été stoppés par des barbelés et des barrages entourant la zone et de nombreux policiers en tenue antiémeute. Après des négociations, les policiers ont escorté quatre leaders du mouvement de protestation vers le Sanctuaire du pilier de la ville, situé près du Grand Palais, où ces derniers ont célébré une cérémonie de bénédiction bouddhiste avec pour slogans "A bas le féodalisme, longue vie au peuple".


Des dizaines de milliers de personnes ont participé l'année dernière dans les rues de la capitale thaïlandaise aux manifestations contre le gouvernement de l'ancien chef de l'armée Prayut Chan-O-Cha. Beaucoup d'entre elles exigeaient aussi une réforme de la monarchie malgré les peines très lourdes encourues par ceux qui la critiquent.

La mobilisation s'est ralentie ces derniers mois en raison de l'épidémie de Covid-19. En novembre, la police a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau contre les manifestants, au cours de heurts qui ont fait plus de 40 blessés.


Reuters/AFP