Thaïlande: les leaders du mouvement pro-démocratie sous la menace de poursuites pour lèse-majesté


A ce stade, "douze personnes ont été convoquées par la police" pour ce crime, a indiqué l'association des avocats thaïlandais de défense des droits humains. La police va ensuite recommander au procureur d'entamer ou non des poursuites.L'article 112 sur le crime lèse-majesté, l'un des plus sévères au monde, punit jusqu'à 15 ans de prison toute insulte, critique, diffamation envers le roi ou un membre de sa famille. Il n'a plus été utilisé depuis 2018.Défiant la menace, des milliers de personnes sont descendues dans la rue mercredi, beaucoup arborant des petits canards en plastique jaune, devenus le symbole du mouvement.


Les protestataires demandent la démission du Premier ministre, le général Prayut Chan-O-Cha au pouvoir depuis le coup d'État de 2014, une réécriture de la Constitution jugée trop favorable à l'armée ainsi qu'une réforme de la royauté avec notamment l'abolition de l'article 112 et un contrôle sur les finances royales.En 2017, le roi Maha Vajiralongkorn a fait adopter une loi lui donnant un pouvoir total.


Nous soutenons "le droit des personnes à manifester pacifiquement, mais nous sommes de plus en plus préoccupés par les tentatives de saper l'état de droit en Thaïlande", a réagi à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Anucha Burapachaisri, pour motiver la décision des autorités de recourir au dispositif sur le lèse-majesté. Après quatre mois de rassemblements, la tension monte en Thaïlande.



Reuters/AFP