Tony Chung, premier à être inculpé en vertu de la loi sur la sécurité


Le militant prodémocratie Tony Chung, 19 ans, a été inculpé jeudi 29 octobre 2020 pour "sécession" à Hong Kong, devenant ainsi la première figure politique locale à faire l'objet de poursuites formelles en vertu de la loi drastique sur la sécurité nationale imposée par Pékin.Le jeune homme, qui avait été arrêté mardi 27 octobre par des policiers en civil à deux pas du consulat des Etats-Unis, a également été inculpé pour blanchiment d'argent et complot en vue de publier des contenus séditieux.Il a été placé en détention dans l'attente de sa prochaine comparution en justice le 7 janvier. Il encourt une peine allant de 10 ans de détention à la réclusion à perpétuité.


Ce texte controversé, une réponse à la mobilisation sans précédent depuis la rétrocession de l'ex-colonie britannique en 1997, donne aux autorités de nouveaux pouvoirs pour réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l'Etat: la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures.Cette même loi jugée liberticide par le mouvement pro-démocratie, a jeté un froid dans la région administrative spéciale, puisque l'expression de convictions indépendantistes ou le fait de demander une plus grande autonomie sont désormais proscrits.


Ajoutée aux interdictions de rassemblement ordonnées du fait du coronavirus, la loi controversée a grandement contribué à réduire les possibilités de mobilisation du mouvement prodémocratie, qui est la cible de milliers d'arrestations depuis un an.Les manifestants n'ont obtenu satisfaction sur aucune de leurs demandes fondamentales. Et les détracteurs de la loi sur la sécurité l'ont présentée comme le dernier clou sur le cercueil de l'autonomie hongkongaise.


"Les Etats-Unis condamnent fermement l'arrestation et la détention" de Tony Chung, a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, appelant les autorités à le "relâcher immédiatement".Un nombre inconnu de Hongkongais ont fui l'ex-colonie britannique depuis le début de la répression chinoise contre le mouvement prodémocratie. On sait que certaines demandes ont été acceptées en Allemagne ou au Canada.


AFP/Reuters


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