Turquie: Comment les étudiants et les LGBT sont devenus les cibles d'Erdogan


Le président turc a notamment qualifié de "terroristes" des étudiants manifestants contre la nomination d'un de ses proches à la tête de l'université du Bosphore. e président turc Recep Tayyip Erdogan ne rompt pas, bien au contraire, face aux manifestations qui ont lieu depuis le début du mois de janvier contre la nomination d'un de ses proches, Melih Bulu, comme recteur de l'université du Bosphore, à Istanbul. La tension entre les deux camps est à son comble. La police turque a arrêté mardi plus de 170 personnes. Erdogan a par ailleurs affirmé que les autorités ne permettraient pas que la contestation étudiante se transforme en manifestations antigouvernementales comme celles de 2013, connues sous le nom de mouvement de Gezi. En dépit de ces protestations Melih Bulu a exclu mercredi de démissionner. Le chef de l'État turc s'en est aussi pris aux personnes LGBT, dont les droits sont devenus une revendication de la contestation après l'arrestation de quatre étudiants accusés d'avoir insulté l'islam pour avoir organisé une exposition artistique incluant une représentation d'un site sacré de l'islam orné de drapeaux arc-en-ciel. Les manifestants peuvent tout de même compter sur quelques soutiens dans l'opposition. Même le maire d'Ankara, Mansur Yavas, qui prend d'habitude le soin de rester à l'écart des polémiques, a appelé Melih Bulu à démissionner. Les États-Unis, enfin, ont "condamné fermement (...) la rhétorique" contre les minorités sexuelles en Turquie. "Les États-Unis jugent prioritaire la protection des droits humains et se tiennent aux côtés de tous ceux qui se battent pour leurs libertés démocratiques fondamentales" a dit le porte-parole du département d'État américain Ned Price lors d'une conférence de presse.


Reuters/AFP