Ukraine : Macron et Merkel soutiennent Kiev, appellent Poutine à retirer ses troupes


Emmanuel Macron et Angela Merkel ont apporté leur soutien vendredi 16 avril au président ukrainien Volodymyr Zelensky et appelé la Russie à retirer ses troupes à la frontière avec l'Ukraine afin d'œuvrer rapidement à une "désescalade" dans un contexte très volatil. Les trois dirigeants ont partagé, au cours d'une visioconférence, "leurs préoccupations quant à l'augmentation (des effectifs) des troupes russes à la frontière avec l'Ukraine" et ont appelé à un retrait de "ces renforts afin de parvenir à une désescalade", a résumé la chancellerie allemande dans un communiqué. Depuis plusieurs semaines, les heurts se multiplient entre Kiev et les séparatistes prorusses du Donbass (est de l'Ukraine), tandis que des dizaines de milliers de soldats russes ont été déployés à proximité, laissant craindre une opération militaire d'ampleur. Les deux parties, en conflit depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et les affrontements dans le Donbass qui ont fait plus de 13.000 morts, se renvoient depuis la responsabilité de cette escalade. Volodymyr Zelensky a pour sa part appelé à un sommet avec le président russe Vladimir Poutine, Emmanuel Macron et la chancelière - tous deux médiateurs dans le dossier ukrainien - pour tenter d'apaiser les tensions avec Moscou. Anticipant l'issue de la visioconférence, le Kremlin avait demandé à Paris et Berlin d'user de leur "influence" auprès du président ukrainien pour faire cesser les "provocations" de l'Ukraine dans l'est de son territoire. Dans ce contexte volatil, M. Zelensky a réitéré le souhait de son pays d'adhérer à l'Alliance atlantique et à l'Union européenne. Une adhésion à l'Otan paraît toutefois très éloignée au vu de l'hostilité farouche de la Russie à un tel scénario et des réticences de nombre d'Etats membres de l'Alliance, dont la France, de crainte de provoquer Moscou. La crise autour de l'Ukraine rebondit au moment même où les tensions s'exacerbent entre Washington et Moscou depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en janvier.


AFP/Reuters