Vers un procès pour le duo jihadiste accusé d'un projet d'attentat avant la présidentielle 2017


Ce 18 avril 2017, cinq jours avant la présidentielle, l'antiterrorisme est convaincu d’avoir déjoué un attentat d'ampleur, potentiellement contre un meeting de Marine Le Pen. Quatre ans après, un duo jihadiste, dont un as de la dissimulation qui se jouait des services européens, voit son procès approcher.


Au terme de vastes investigations, coordonnées avec les polices belge et allemande, le parquet national antiterroriste vient de requérir une comparution devant les assises des Français Clément Baur et de Mahiedine Merabet, 27 et 33 ans aujourd'hui, pour "association de malfaiteurs terroriste".


Le dossier, fruit d'une cyberinfiltration et d'une vaste surveillance téléphonique, est devenu emblématique pour l'antiterrorisme, qui le cite régulièrement pour défendre son accès aux "fadettes", menacé par la jurisprudence européenne. Une semaine avant l'interpellation, la DGSI avait été alertée par des services étrangers sur le fait qu'un homme tentait de "transmettre en urgence une vidéo d'allégeance à des membres de l'État islamique". Une cyberinfiltration et de l'analyse téléphonique avaient alors permis d'identifier Merabet, fiché S depuis sa radicalisation en prison, notamment après avoir partagé début 2015 la cellule de Clément Baur, incarcéré quelques mois sous une fausse identité de réfugié du Daghestan, en Russie.


Selon le réquisitoire, la radicalisation de Baur remonte à l'adolescence et à sa conversion à l'islam, dès 2007, au contact d'islamistes tchétchènes. A 17 ans, parlant russe, il demandait l'asile en Belgique sous une première fausse identité. En Allemagne, où il a séjourné comme faux réfugié en 2015, il était aussi dans le viseur de la justice. Les investigations ont établi qu'il était en contact avec Anis Amri, l'auteur de l'attentat au camion sur le marché de Noël de Berlin en 2016.


AFP

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