Un sentiment anti-nucléaire a longtemps prédominé, notamment hérité des essais menés dans les années 1950 par le Royaume-Uni dans le Sud du pays, ayant exposé les populations locales aux radiations. Cependant, un sondage du printemps 2024 réalisé par Nikkei Asia symbolise un revirement d’opinion. 60 % des interrogés se disent favorables au développement du nucléaire, la même proportion qui s’y opposait il y a 10 ans.
Pour contrer l’inflation de l’électricité, l’opposition proposait lors de sa campagne la construction de sept centrales nucléaires à petits réacteurs modulaires. Elles seraient venues remplacer les centrales à charbon vieillissantes de l’Est et du Sud. Ces Small Modular Reactors (SMR), aussi utilisés par la France, peuvent produire de l’électricité, de la chaleur, voire du gaz hydrogène, permettant une flexibilité d’utilisation. Leur taille réduite et conception standardisée offrent une plus grande décentralisation de la production d’énergie, ce qui pourrait contribuer à une meilleure résilience du réseau électrique. A l’inverse, l’impact potentiel sur les émissions de carbone est questionné. Selon le Climate Change Authority, agence gouvernementale australienne sur le changement climatique, leur construction pourrait entraîner une augmentation des émissions de CO2 estimée à près de deux milliards de tonnes, soit les émissions annuelles cumulées de l’industrie aérienne du pays sur deux cents ans. De plus, cette technologie est encore en développement et certains experts estiment qu’elle ne sera pas viable avant une décennie, compromettant les objectifs de réduction d’émission alors les investissements sont conséquents.
Les partisans du nucléaire soulignent cependant que les énergies renouvelables nécessitent l’extraction de terres rares, générant aussi de fortes émissions. Le débat sur le nucléaire australien doit donc s’interpréter comme une réflexion plus large sur les moyens d’atteindre une neutralité carbone sans compromettre la sécurité énergétique. La victoire d’Anthony Albanese aux élections législatives de mai 2025 devrait toutefois conforter le développement massif du solaire et de l’éolien, avec un objectif de 82 % d’énergies renouvelables en 2030 contre 40 % actuellement.