Ce compromis, fruit de plusieurs années de négociations diplomatiques et militaires, a été officialisé peu avant le sommet des BRICS en Russie, où les dirigeants Narendra Modi et Xi Jinping se sont rencontrés pour la première fois depuis cinq ans. Pour l’Inde, l’accord vise à stabiliser la frontière et restaurer la confiance. Pour la Chine, il désamorce une impasse tout en renforçant sa position aux BRICS.
L’accord du 21 octobre 2024 s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes sur une frontière de plus de 3 500 kilomètres. Ce litige trouve ses racines dans la guerre sino-indienne de 1962, au cours de laquelle la Chine a infligé une défaite militaire à l’Inde avant de déclarer un cessez-le-feu unilatéral. Depuis lors, plusieurs incidents ont ravivé les tensions, notamment l’affrontement meurtrier de juin 2020 dans la vallée de Galwan, où au moins vingt soldats indiens ont perdu la vie. En réponse, les deux nations ont renforcé leur présence militaire dans la région, déployant des troupes et du matériel lourd. Parallèlement, le Cachemire, revendiqué par l’Inde et le Pakistan depuis la partition de 1947, demeure un foyer de tensions récurrentes, comme en témoigne l’attentat meurtrier de Pahalgam en avril 2025, qui a ravivé les affrontements entre les deux puissances nucléaires.
L’accord de 2024 représente une avancée significative dans les efforts de stabilisation de la région. Il prévoit le retrait des troupes des zones de friction, ce qui pourrait contribuer à rétablir une certaine confiance entre les deux armées. Cependant, des défis subsistent, notamment en ce qui concerne la définition précise de la LAC, qui reste floue et sujette à interprétation. De plus, la méfiance mutuelle demeure forte, alimentée par des différends historiques et des rivalités géopolitiques. Sur le plan économique, la normalisation des relations est cruciale. Depuis 2020, l’Inde a renforcé le contrôle des investissements chinois, affectant des projets majeurs et dissuadant de nombreuses entreprises. Malgré ces restrictions, le déficit commercial de l’Inde avec la Chine a presque doublé, atteignant 101 milliards de dollars en 2023.
La signature de cet accord peu avant le sommet des BRICS, élargi à de nouveaux membres comme l’Iran et l’Égypte, suggère une volonté des deux pays de présenter un front uni sur la scène internationale. L’accord de désengagement entre l’Inde et la Chine représente une avancée pragmatique pour réduire les tensions immédiates et rouvrir le dialogue. Néanmoins, la méfiance persistante et les intérêts géopolitiques divergents laissent entrevoir un processus de normalisation long et complexe.