Comment Amin Maalouf apporte de la tolérance au sein de notre monde fracturé ?

Essayiste et penseur renommé, Amin Maalouf nous offre une ode à la tolérance dans son essai tout en nuance « Les Identités meurtrières », paru en 1998. L’un de ses postulats les plus marquants, « PARCE QUE L’HUMANITÉ, TOUT EN ÉTANT MULTIPLE, EST D’ABORD UNE », en offre une illustration qui frappe au cœur par sa simplicité désarmante. Son récit, raconté parfois depuis sa propre expérience d’identité multiple (mi-libanais, mi-français), s’attaque néanmoins à des problématiques globales. Sans toutefois pardonner des actes inexcusables commis au nom d’une doctrine (quelle qu’elle soit), A. Maalouf replonge dans l’Histoire avec lucidité pour nous livrer ses réflexions sur les grands défis du XXIe siècle. Son ouvrage pousse à se défaire des préjugés hâtifs et à modifier notre regard sur autrui.

Avec une plume empreinte de sagesse, Amin Maalouf articule ses réflexions autour de l’identité pour tenter de comprendre les racines des conflits meurtriers qui agitent le monde. Il défend l’idée que toute personne qui sent une de ses appartenances attaquée va en faire un point central de revendication. Son identité tout entière se construit autour de l’attaque ressentie, et une identité réduite à un seul paramètre permettrait une division parfois meurtrière au sein de l’humanité.

Amin Maalouf écrit un appel à la tolérance, qui constituerait un rempart contre des attitudes radicales. Selon lui, la mondialisation exacerbe les comportements identitaires parce qu’elle apparaît souvent comme une menace contre laquelle il faut se battre. Au lieu d’apparaître comme une opportunité de brassage culturel, elle semble être le socle d’une uniformisation globale de la culture, dans laquelle une grande partie de la population ne se reconnaîtrait pas, et qui développerait, en réaction, une attitude de rejet. En conséquence, les porteurs de cultures menacées peuvent adopter une réaction potentiellement violente et destructrice. 

Éviter ces dérives passe par un respect sincère et réciproque de la culture de tous. Si le respect imprègne les paroles de tout un chacun, si les regards s’emplissent de bienveillance, des connexions naissent. Au sein d’un pays avec des citoyens aux multiples origines, il est essentiel que des ponts se créent entre tous et toutes. En évoquant ces valeurs, Amin Maalouf prône la tolérance. Avancer vers l’autre demande à considérer l’autre comme un citoyen appartenant à la même patrie ; celle de l’humanité. Ce qui aboutit à une conclusion qui imprègne le texte et la pensée d’Amin Maalouf. Au fond les humains sont tous fondamentalement les mêmes, et donc égaux, peu importe leur lieu d’origine. Et la tolérance est plus naturelle envers les personnes considérées comme similaires à soi. L’écrivain rêve d’une identité qui, un jour, prendrait en compte toutes nos appartenances, avec, en tête de liste, celle de l’appartenance à la communauté humaine. Et ce rêve commence avec la tolérance envers chacun.

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