Comment les relations entre Israël et l’Iran se sont-elles autant détériorées ?

« La guerre éternelle est ce que veut l’Iran, qui nous amène au bord de la guerre nucléaire », déclarait Benyamin Netanyahou le 16 juin 2025, après trois jours de combats aériens contre l'État iranien. Le Rising Lion, désignation de l’offensive israélienne contre des cibles iraniennes en juin 2025, a ravivé l’inquiétude d’une confrontation directe entre les deux puissances. Les représailles iraniennes se sont matérialisées par l’envoi de près de six cents missiles vers Israël, à la suite de la tentative de destruction du programme nucléaire iranien par les États-Unis. Malgré le cessez-le-feu conclu entre les deux pays, stoppant la « guerre de 12 jours », la zone reste à haut risque. Si les tensions actuelles paraissent exacerbées, les relations entre les deux pays n’ont pas toujours été belliqueuses.

De 1948 à 1979, les relations étaient cordiales. L’Iran fut le deuxième pays à majorité musulmane à reconnaître Israël. Les deux États coopèrent sur le plan économique, militaire et stratégique.
En 1979, le nouveau régime de la Révolution islamique iranienne fait d’Israël un ennemi idéologique, qualifié de « régime sioniste illégitime ». Dès lors, l’Iran soutient activement des groupes armés hostiles à Israël, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas dans les territoires palestiniens. Pour Israël, le programme nucléaire iranien représente une menace existentielle. En 2012, Netanyahou affirme que l’Iran est à quelques mois de se doter de l’arme nucléaire. Mais Washington calme le jeu : il n’y aura pas de soutien dans une escalade militaire. Sans feu vert américain, Israël renonce à frapper l’Iran.

En 2015, l’accord de Vienne limite le programme nucléaire de l’Iran pendant au moins une décennie en échange d’une levée progressive des sanctions. Mais Israël dénonce une “erreur historique” et menace d’intervenir même sans l’accord des États-Unis. Dans une guerre de l’ombre, Israël et l’Iran s’affrontent par frappes aériennes, assassinats ciblés et cyberattaques : Téhéran visant les infrastructures israéliennes tandis que des figures clés du programme nucléaire iranien sont éliminées. L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a entraîné l’explosion des tensions régionales. Fin 2023, six membres des Gardiens de la Révolution sont tués à Damas lors d’une frappe aérienne israélienne. En avril 2024, Israël bombarde le consulat d’Iran à Damas, faisant 16 morts.

L’assassinat du chef politique du Hamas à Téhéran en juillet 2024, suivi de l’opération Rising Lion, a ravivé le spectre d’une guerre ouverte. En 2025, Trump le matérialise en bombardant trois sites nucléaires iraniens : Fordo, Natanz et Ispahan. Il est difficile d’évaluer l’impact des dégâts sur le programme nucléaire iranien à ce jour. Le cessez-le-feu entre les pays met fin aux combats, sous l’impulsion des États-Unis, désormais dénommée “Guerre des douze jours”. De la coopération à l’hostilité, la détérioration des relations entre Israël et l’Iran s’explique par des clivages idéologiques et des ambitions géopolitiques contradictoires. Cette rivalité reste une menace majeure pour la stabilité du Moyen-Orient.

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