Donald Trump continue de menacer l’Union Européenne en annonçant 30% d’augmentation de droits de douanes sur toutes les importations étatsuniennes à partir du 1er août 2025. Alors que les Etats-Unis étaient, en 2024, le premier importateur des produits européens (20,6%), l’UE a décidé de se tourner vers les pays d’Asie du Sud afin de diversifier son commerce extérieur.
Un accord avec l’Inde, dont la population est passée d’un milliard en 2000 à 1,4 milliard en 2023 tout en multipliant son PIB par habitant par cinq sur la même période, pourrait offrir à l’UE un gigantesque marché pour ses voitures ou ses vins. L’Inde est néanmoins critique de la politique de mécanismes d’ajustements carbone aux frontières sur les importations de matériaux polluants. Son entrée en vigueur définitive fin 2025 pourrait mener à un nouvel échec des négociations après celui de 2013.
Les négociations avec l’Indonésie, desquelles l’UE espère notamment obtenir un accès privilégié au nickel de l’archipel, ont abouti en janvier 2025 à un accord sur les règles d’origine, qui déterminent l’origine des marchandises et conditionnent les politiques douanières. Le projet est cependant critiqué par 123 ONG[5] pour ses implications néfastes sur l’environnement et le développement économique de l’Indonésie.
Les autres projets d’accords de libre-échange de l’UE avec l’Asie du Sud, en Thaïlande et aux Philippines ont pu reprendre grâce aux transitions démocratiques opérées après le coup d’Etat militaire de 2014 et la présidence de R. Duterte. En janvier 2025, le premier Ministre de la Malaisie s’est lui rendu à Bruxelles et de nouvelles négociations devraient débuter à l’été 2025.
La stratégie de diversification commerciale de l’UE tente donc de trouver des alternatives aux échanges outre-Atlantique, en visant des marchés en pleine expansion en Asie du Sud. La Présidente de la Commission Européenne a d’ailleurs annoncé vouloir former une “coalition des volontaires” commerciale avec les membres du Partenariat Transpacifique Global et Progressiste (PTPGP), dont fait partie le Royaume-Uni[8]. Reste à savoir si ces projets commerciaux verront bien le jour, ou si les désaccords réguliers au sein de l’UE en auront raison.