En 1980, le pays avait imposé un seul enfant par couple face aux craintes de surpopulation, mais il fait aujourd’hui face à un vieillissement alarmant de sa population : en 2035, près d’un tiers des Chinois auront plus de 60 ans. Et, d’ici 2079, il y aura plus de Chinois hors de la population active que dans celle-ci. La Chine possède l’un des taux de natalité les plus faibles au monde, malgré de nombreuses mesures incitatives, lancées notamment par le XXe congrès national du Parti communiste chinois en 2022, qui offrait des bonus financiers et des congés aux parents.
La baisse de sa population active et le vieillissement rapide de sa société bouleversent profondément les dynamiques économiques du pays, alors même que sa main-d’œuvre jeune, abondante et bon marché, a été le moteur essentiel de sa croissance. Aujourd’hui, le coût du travail a augmenté, nuisant à la compétitivité des entreprises, et certains secteurs peinent à recruter. Les investisseurs réfléchissent à relocaliser leur activité vers des pays plus jeunes, comme l’Inde.
Le taux de chômage est très élevé chez les jeunes, et la flambée du coût de la vie est un frein à ceux qui veulent fonder une famille. La crise du Covid-19 et le ralentissement économique ont engendré une baisse de confiance dans l’avenir. Les ménages préfèrent épargner afin de se protéger face aux insuffisances de la protection sociale et du système de retraite. Cela freine la croissance intérieure du pays et cette épargne, qui a été entassée dans le secteur immobilier, a créé une bulle spéculative, qui menace d’exploser.
À terme, ces évolutions pourraient entraver l’innovation et la productivité. Sa croissance économique diminue, le pays a flirté avec la déflation en 2023, et son système de retraite est sous-financé et inégal selon les régions. Les infrastructures pour les personnes âgées manquent également. Même si l’État a repoussé l’âge de la retraite, les défis internes restent immenses. Le PIB par habitant en Chine n’atteint qu’environ 40 % de celui de la France, un niveau de vie bien inférieur à celui des pays développés. Ainsi, l’ambition de supplanter les États-Unis comme première puissance économique mondiale reste encore un défi.