Le Royaume-Uni, la France et le Canada, prets à reconnaitre un Etat palestinien ?

Le Royaume-Uni, la France et le Canada, prets à reconnaitre un Etat palestinien : une initiative diplomatique efficace ?

Depuis les attaques du 7 octobre 2023, seules l’Espagne, l’Irlande et la Norvège avaient reconnu l’existence d’un État palestinien, précisément le 28 mai 2024. Presqu’un an plus tard, les dirigeants du Royaume-Uni et du Canada s’apprêtent, eux aussi, à rejoindre la volonté de l’Élysée de reconnaître cet État palestinien. Dans une déclaration conjointe officielle du 19 mai 2025, les trois pays alertent sur la prise de "mesures concrètes" si Israël ne cesse pas ses opérations militaires à Gaza et ne lève pas les restrictions à l’aide humanitaire. Cette initiative marque un tournant diplomatique majeur. Le Premier ministre de l’État hébreu n’a pas tardé à leur répondre en les accusant "d’encourager le Hamas" et de "se ranger du mauvais côté de l’Histoire".

Prochainement, une conférence internationale se tiendra à New York sous l’égide des Nations unies, coprésidée par la France et l’Arabie saoudite ; son objectif sera notamment de relancer la solution à deux États entre Israël et la Palestine, prévue dès 1947 par la résolution 181 de l’ONU.


Cette initiative représente un tournant pour les démocraties occidentales, historiquement prudentes sur la question. Kawa Hassan, chercheur au Stimson Center, déclare que la reconnaissance d’un État palestinien par des États de l’UE pourrait être « largement symbolique ». En droit international, un État existe s’il possède un territoire, une population et un gouvernement souverain. Malgré la proclamation de l’État palestinien en 1988, son existence est empêchée par l’occupation militaire israélienne en Cisjordanie, selon la Cour internationale de Justice, ainsi que par la compétition politique entre le Hamas et l’Autorité palestinienne.


Ainsi, la reconnaissance doit être distinguée de l’existence d’un État, qui reste déclarative. Cette volonté d’une solution à deux États venant de l’extérieur semble difficilement réaliste, puisque les deux parties ne sont pas prêtes à négocier. Agnès Levallois, vice-présidente de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient, s’interroge : “Comment aller vers une solution politique à deux États si vous n’avez pas en face d’Israël un État en mesure de négocier ?”, visant les autorités à Gaza et en Cisjordanie. Pendant ce temps, Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, n’a résisté que 58 jours avant de rompre le cessez-le-feu entamé le 19 janvier 2025, en reprenant les combats dans la bande de Gaza. À part Israël, les États-Unis ont aussi exprimé leur désapprobation. L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a vivement critiqué la position de la France, suggérant ironiquement que Paris pourrait “détacher un morceau de la Côte d’Azur” pour établir l’État palestinien.


Ces analyses suggèrent que, sans un engagement clair des États-Unis et une volonté de dialogue de la part d’Israël, la reconnaissance d’un État palestinien risque de ne rester qu’un geste politique sans effet tangible sur le terrain, voire de compliquer et ralentir davantage le processus de paix.

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